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  Après une première semaine passée aux Philippines, notre premier article arrive enfin pour vous faire partager nos premières impressions sur ce pays, cette culture et ses gens formidables.

 L’île de palawan – parmi 7107 autres, est considérée comme l’une des plus touristiques du pays. Nous arrivons à l’aéroport de Puerto Princesa dimanche 13 janvier (enfin!) après plus de 40h de voyage. C’est en faisant notre premier pas sur le sol philippin que nous nous rendons compte que nous sommes arrivées à bon port. L’humidité et la chaleur est surprenante dès 7h du matin et les palmiers au loin nous font réaliser que nous sommes bel et bien sur une île à 9 degré en dessous de l’équateur.

Nous resterons les premiers jours chez Nick (le cousin de la maman de Katie) et Gaya, sa femme philippine. Directement plongées dans le bain avec leurs petits enfants qui courent de partout et nous observent timidement du coin de l’œil, nous sommes tout de suite embarquées dans le gros van, rempli à ras bord de nourriture, de jambes et de grands sourires.

Première journée passée à Iwahig Prison & Penal Farm pour un picnic : c’est en effet une prison mais bien différente de celles auxquelles on pense – et on comprend vite pourquoi les détenus de l’île entière veulent y passer leur sentence. Une sécurité à l’entrée avant de faire quelques kilomètres à travers des rizières où des buffles d’eau y font bon vivre, des potagers multicolores, le tout bordé par la jungle verdoyante, nous arrivons dans un “resort”. Les Philippins viennent y passer une journée en famille ou entre amis pour profiter de la rivière et faire des barbecues dans des sortes de petites huttes en bamboo. C’est assez étrange mais l’ambiance est en fait plaisante; cet immense espace est rempli de vie, de cris d’enfants jouant dans l’eau, d’odeurs de poissons grillés au barbecue, et de noix de coco (Buko) fraîchement coupé. Les prisonniers portent des vêtements de couleur différente en fonction de leur “risk range” et viennent créer des liens avec l’extérieur en papotant avec les familles qui leur laissent leur surplus de nourriture, un peu d’argent en échange de services (cuisine, snack, souvenirs fabriqués par eux-mêmes…) et même un peu d’alcool (discrètement). Nous avons rencontré : Eddie, 62 ans, en prison depuis 29 ans pour meurtre. Emprisonné à vie après une bagarre qui a mal tourné, Eddie ne peut malheureusement pas défendre sa cause pour homicide involontaire, car la famille de la victime, plus riche, veut un coupable et a de quoi soudoyer le juge. Si tout se passe comme prévu, il va enfin pouvoir sortir en avril 2020. Il a arrêté de fumer, arrêté de boire et se tient à carreaux pour sa nouvelle vie à l’extérieur qu’il recommencera tout seul puisque sa famille a coupé les ponts; mais son sourire en dit beaucoup.

La nuit tombe très tôt (à 18h30 il fait déjà nuit noire), ce qui est surprenant car nous avons tendance à oublier que nous sommes en hiver. La “highway” qui traverse toute l’île du Nord au Sud à travers la jungle, devient dangereuse à parcourir, n’étant éclairée que par les phares de chacun.

 Nous nous réveillons dans une petite maison construite en bamboo tressé (swahili). Ici le bamboo est un des principaux matériaux utilisé pour la construction étant facile à manier, résistant au climat, aux bestioles en plus d’être très économique. Niché dans une petite crique à deux pas de la mer, cet endroit paradisiaque est parfait pour commencer la semaine. En compagnie de Nick, de June le jardinier et de la « maid » qui vivent dans un petit cottage sur la propriété toute la semaine, nous y restons 3 jours.

 Vendredi 18 janvier: départ 6h du matin en direction du petit village touristique d’El Nido, qui porte d’ailleurs bien son nom. Un village les pieds dans l’eau, niché entre des falaises immenses et un archipel d’îles paradisiaques. Nous y sommes restées 3 nuits, avons fait un des fameux Island Hopping: journée sur un bateau pour découvrir des îles, des lagoons cachés, des plages désertes et un premier aperçu de la vie maritime (snorkeling). Afin de visiter les petits villages alentours, les plages désertes de la côte ouest, ses routes sinueuses et paysages magnifiques de la côte est, nous avons loué un scooter – tout en ayant un but bien précis; aller jusque San Fernando. Nous allons à l’encontre de pêcheurs pour essayer de faire du bateau stop et se rendre gratuitement à Coron. Manque de bol, les locaux nous font comprendre que ce n’est pas possible et comme cette journée devait être chargée en émotions, nous n’avons ni un logement pour le soir, ni moyen de quitter l’île: le ferry hebdomadaire étant overbooké. Le réceptionniste de notre auberge à El Nido nous propose gentiment de rester dormir sans payer sur une plate-forme en bambou à l’étage et nous conseille de nous pointer à 4h tapante au port afin de marquer nos noms sur la “chance list”.

 N’étant pas question de louper notre ferry le jour suivant pour Mindoro, nous n’avions pas d’autre choix que de tenter le tout pour le tout. Après une courte nuit à la belle étoile, 1h30 d’attente dans une ambiance de stress et de tension entre les 30 personnes ayant marqué leur nom sur la liste, nous avons enfin nos « no seat ticket » pour Coron ! On ne nous avait pas menti: premiers arrivés, premiers servis!

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