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  Coron est une destination phare des Phillipines. Très connue des plongeurs, cette petite île de 689 km2 abrite non seulement des lagons d’un bleu turquoise, une faune et flore marine riche en couleurs et espèces mais aussi des épaves qui datent de la seconde guerre mondiale. Il est donc peu surprenant que la ville de Coron accueille de nombreux touristes chaque année, qui disparaissent dès les premières heures de la journée et réapparaissent par vagues à la tombée de la nuit. Sachant que le seul moyen de se rendre à Mindoro (île au Nord Ouest de Coron) est de prendre un ferry qui ne passe que 2 fois par semaine et qui partait le lendemain à 7h, nous décidons alors de ne rester qu’une journée. Cela nous laisse assez de temps pour vagabonder dans les ruelles. Nous tombons nez à nez avec un marché (palenque) au bord du port. Nous errons entre les étalages, impressionnées par la vie fourmillante, la quantité de viande, poissons séchés de toutes sortes, fruits et légumes par centaines.

 

Après un coucher de soleil splendide, nous retournons au port espérant qu’on accepterait de nous laisser dormir sur place; puisqu’on devait dans tous les cas, y être à 6h du matin pour prendre le ferry. Quelle ne fût pas notre surprise quand la sécurité vint à notre rencontre et nous montrât notre “chambre”. (et hop une nouvelle nuit d’économisée!) Après la nuit à même le sol dans nos sacs à viande, nous montons tant bien que mal sur le bâteau-couchette pour arriver 6h plus tard à Mindoro. Nous comprenons dès notre arrivée sur Mindoro que la ville de San José n’est pas touristique. N’étant pas habitués à voir des Européens se promener dans le coin, les habitants nous observent fixement et nous saluent; les mots “Hi! Hello!” sont sortis de notre bouche plus de cents fois ce jour-là. San José, avec ses routes larges et bâtiments qui rappellent les temps de colonisation espagnole, ses tricycles de toute tailles, noms et couleurs, a été la première ville où nous avons ressenti la différence entre les parties touristiques et les parties préservées des Phillipines (notre hôtel était d’ailleurs le seul dans la ville).

Après plusieurs nuits peu reposantes et une hygiène un peu douteuse, une chambre et une douche pour 3 euros la nuit devint pour nous une source de pur bonheur. Le lendemain, nous prenons un bus en direction de Sablayan (petite ville sur la côte Ouest de Mindoro) avec l’idée d’aller plonger à Apo Reef: réserve naturelle maritime. Il existe beaucoup de parcs naturels et d’espaces protégés aux Philippines, ce qui explique pourquoi c’est une destination phare des touristes plongeurs. En effet ses multitudes d’îles et de mers abritent non seulement des coraux de toutes tailles et couleurs mais aussi une vie aquatique riche en terme de poissons, tortues ou encore requins selon les endroits – un vrai paradis sous-marin. ! Ne pouvant malheureusement pas aller plonger cette fois-ci, nous avons profité de la journée pour nous rendre sur Pandan Island (à seulement 20 mins en bateau de notre hostel). En arrivant sur l’île nous apprenons que c’est une île privée appartenant en parti à un Français et un Tchèque. Une île paradisiaque où les seuls habitants sont des touristes fortunés qui vivent dans des petites huttes au bord de la plage de sable blanc et à l’orée des sentiers de 1,5km les amenant de chaque côtés de l’île sous l’ombre rafraîchissante des cocotiers. Il suffit de faire 3 pas dans l’eau bleue turquoise, avec son masque et son tuba, pour apercevoir les tortues qui broutent les algues, les raies collées au sable et les poissons qui zigzaguent doucement entre les coraux. En rentrant le soir à l’hostel, nous nous retrouvons assis sur la terrasse avec 7 Tchèques venus suivre un stage de freediving sur plusieurs semaines. C’est une soirée à base d’ukulélé, de voix fêlées et de bouteilles vidées autour de discussions franco-tchèques. Ils nous invitent à partager leur van jusqu’à Roxas le lendemain matin et c’est après une longue négociation avec le conducteur pour arriver à un prix convenable, que nous embarquons pour un voyage mouvementé, serrées entre 14 autres passagers – parcourant, tels des sardines, 186km des routes de Mindoro. Jamais nous n’aurions imaginé que la prochaine fois que nous dormirions dans un lit serait 42h plus tard.

Arrivées à Roxas, nous montons enfin à bord du ferry qui nous mènera à Panay; une île peu touristique, mis à part Boracay connue pour ses paysages de rêves et ses prix adaptés aux touristes coréens et américains. Se séparant des Tchèques, nous embarquons entre voitures, cochons, plantes, et zéro touristes en vue. Après une lutte acharnée contre le vent et les cordes, nous installons notre hamac sur le deck du bateau, sous les regards inquiets d’à peu près la moitié des passagers. Malgré le vent glacial, notre fatigue prend le dessus et nous dormons une petite heure avant d’arriver dans le village de Buruanga. Il est 1h du matin mais les tricycles sont aux aguets et prêts à négocier.

Emmenées à Caticlan, nous trouvons refuge dans le port et peinons à dormir quelques heures, regardant le va et vient des touristes se rendant à Boracay (seule ligne de ferry fonctionnant 24h/24 7j/7). Brusquement réveillées par la sécurité environ 3 heures plus tard (“it’s daytime, you can go now”), nous montons dans le bus pour Kalibo et son festival Ati-Atihan. Raté ! Lorsque nous descendons du bus en pensant finalement être arrivées a destination, le chauffeur nous dit que nous avons raté le festival d’une semaine, mais que à Iloilo, au sud de l’île, se prépare en ce moment même le festival Dinagyang. Après 6h additionnelles de bus, le brouhaha et le monde en effervescence, nous font réaliser que nous sommes en effet dans une grande ville en plein préparatifs du plus gros événement de l’année. Les hostels étant tous overbookés, nous décidons de tenter le couchsurfing en profitant de la wifi d’un petit café, où nous rencontrons par hasard deux retraités philippins-chinois. Afin de nous faire goûter les spécialités locales, ils nous invitent au food festival; un vrai festin! Surprises par nous-mêmes, nous goûtons de tout: foie et gésier grillés, huîtres gratinées, boyaux de porc et poulet en passant par du poisson cru etc.. C’est le ventre bien rempli que nous errons plusieurs heures dans la ville avec nos gros sacs à dos avant de contempler les habitants, vaquant à leurs occupations, autour d’une bière, et de retrouver Phil, notre couchhoster anglais.

Après une journée en ville, nous décidons d’aller rejoindre Ed (rencontré sur couchsurfing) dans les montagnes d’Igbaras; très connues des grimpeurs pour ses multitudes de falaises et randonnées. Réveil 5h, c’est après 40 minutes de voiture, 1 heure de jeepney et 20 minutes de motocross que nous arrivons sur un pont en bambou où nous commençons l’ascension d’une petite montagne de 600 m avec Sean et Jay (rencontrés au centre d’escalade). 1h de marche, sous 35 degrés, plus tard, nous arrivons, accueillis par le chant des coqs, dans un tout petit village. Nous prenons un break dans un refuge avant de marcher quelques minutes à travers la jungle pour se retrouver au milieu d’une falaise vertigineuse: c’est parti pour deux voies sur une roche fascinante surplombant une étendue de rizières et de montagnes. Nous retrouvons alors Ed et Emma, deux climbers de l’extrême et redescendons avec eux.

Le lendemain, le corps plein de courbatures, nous reprenons des forces avec un petit déjeuner à base d’huîtres, de riz et de légumes avant d’aller s’immerger en compagnie de millions de personnes dans le festival. Dinagyang est un festival culturel et religieux qui se déroule tous les 4e week-end de janvier dans la ville d’Iloilo juste après les festivals de villes voisines comme Cebu ou Kalibo. Considéré comme la “reine des festivals” c’est un festival qui célèbre à la fois santo Niño et la vente de l’île de Panay par les peuples Ati aux Malay. Dinagyang est également un des festivals les plus populaires du pays et rassemble plus d’un million de personnes chaque année.

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