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 C’est après 50 mn de tricycle pour parcourir environ 2km, que nous arrivons finalement au port de Iloilo. Le festival prenant place dans la ville entière, il est pratiquement impossible de circuler en voiture et, encore moins à pied, nos gros sacs à dos ne pouvant pas passer la sécurité renforcée. Nous montons donc à bord d’un ferry plus ou moins grand, équipé de sièges peu confortables en acier (quand on décide de voyager en économie il faut l’accepter). Après avoir essayé de lutter en vain contre le vent du deck en plaçant notre hamac à l’avant du bateau, nous décidons finalement de nous installer sur ces sièges vraiment pas du tout confortable : cela n’empêchera pas notre fatigue de prendre le dessus, puisque c’est plus de 30mn après l’arrivée du bateau que le crew nous retrouve endormies comme des loques sur nos sièges. On les aura bien fait rire puisqu’ils en ont profité pour nous faire la petite blague du “good morning” en nous réveillant; il était 23h.

 Nous sommes les dernières à sortir de ce bateau sous les regards moqueurs de tout l’équipage en tanguant fortement à cause des énormes vagues. Nous nous dirigeons vers le terminal pour prendre un bus direct: destination Dumaguete (au sud de l’île). Après une longue attente d’environ 3h et une petite sieste à terre pour Katie, nous embarquons pour parcourir les 230km en 6h de bus. Un voyage dont on se souviendra puisque nous n’avons pas dormi de la nuit. On savait que les Philippins aimaient bien les bus climatisés mais de là jusqu’à 16 °C !!! Brrrrr.. Nous arrivons à Dumaguete à l’aube et allons directement vers le Harold’s Mansion: une auberge de jeunesse repérée en amont. À notre agréable surprise nous atterrissons dans une auberge vraiment géniale, où nous sommes accueillies avec un petit déjeuner à base de riz collant, de pan de sal et de coconut jam sur un rooftop tout fleuri avec des plantes et des légumes. Nous décidons de ne pas perdre une minute de notre journée et c’est donc après une bonne douche froide (il est d’ailleurs rare de trouver des douches chaudes), que nous décidons de nous diriger vers le centre-ville.

 Nous louons un scooter afin de nous rendre aux Twins Lake National Park et profitons d’une petite balade dans la jungle. Même si la location du scooter est au-delà de notre budget, nous ne serons pas déçues par les paysages que nous traverserons. Jungle, villages, palmiers et montagnes à perte de vue, avant d’arriver à l’entrée du parc. Nous nous baladons donc pendant à peu près 2-3h dans la jungle, sur des pierres plus que glissantes (les genoux de Katie auront souffert ce jour-là) et nous atteignons deux lacs (Balinsasayao & Danao). Nous nous laissons charmées par le calme qui résonne et plongeons nos pieds dans l’eau pour profiter d’un fish spa gratuit (pas très agréable au début pour les chatouilleux) avant de repartir dans la ville et de dîner sur la plage avec le bruit des vagues en guise de musique.

 Contentes de rester quelques jours dans la même ville, nous nous levons le lendemain matin pour découvrir l’île de Siquijor (the magic island): une petite île de 344 km2 à 1h de bateau environ de Dumaguete. Arrivées sur l’île nous nous faisons harceler par les locations de scooter et après avoir négocié un prix convenable, nous partons sur les routes de l’île. Nous nous arrêtons premièrement sur une plage avant de nous diriger vers les chutes d’eau; Lugnason Falls. Nous sommes surprises par la couleur turquoise de cette rivière, dont le bassin a été créé lors d’un projet de volontariat par quelques locaux en 2015.

Appréciant l’eau fraîche en regardant un philippin faisant des salto depuis une corde suspendue à un arbre au-dessus du bassin, nous continuons notre route en direction de San Antonio ; un petit village situé au centre de l’île, connu pour ses fortes croyances en l’existence de sorcières. Après quelques kilomètres sur une route sinueuse, nous arrivons et demandons des renseignements sur une certaine shaman connue de tous. À notre grande surprise nous sommes accueillies par tous les habitants et leur sourire grandiose, avant que deux jeunes nous font signe de les suivre en scooter avec un simple: “follow me”.

 Nous arrivons donc dans cette maison, avec à l’entrée un homme fumant des feuilles de tabac roulées dans un ticket de caisse et une vieille dame qui nous propose de nous faire découvrir un massage « anti mauvais esprit. » Elle nous enroule donc dans une couverture sous les regards de ses voisins et petits enfants et c’est alors que commence les sorcelleries : massage sous des incantations et de la fumée sortant du dessous de la chaise. C’est alors qu’après s’être débarrassés des mauvais esprits, les jeunes nous proposent de nous faire découvrir le secret lake: un petit coin de paradis où se trouve un étang d’une couleur bleue claire au milieu de la jungle.

Nous repartons de ce petit village et de l’île pour rejoindre Dumaguete et profitons d’un magnifique coucher de soleil sur le rooftop de l’hostel accompagné d’un guacamole fait maison. Ces journées remplies nous lessivent mais nous laissent l’eau à la bouche pour de nouvelles aventures. Notre hostel abrite aussi un centre de plongée renommé pour son très bon rapport qualité-prix. C’est ainsi que nous enchaînons un réveil à 6h pour rejoindre un bateau de sortie pour Apo Island (une île volcanique à seulement une petite heure à l’Est de Dumaguete; autre réserve maritime appartenant aux Philippines). Au programme une journée bien remplie avec 3 plongées pour Katie et du snorkeling/cours de freediving pour Juliette. Ébahies et émerveillées, avec les yeux plus pétillants l’une que l’autre, à chaque fois en remontant sur le bateau, nous en profitons pour se raconter tout ce que nous avons pu voir comme poissons, coraux et tortues de milles et unes couleurs. Reprenant des forces entre chaque site grâce aux repas et encas fournis par l’équipage, et en sautant et jouant dans l’eau ; nous ne craignons qu’une chose, c’est que cette journée se termine. Mais comme toutes bonnes choses ont une fin, nous rejoignons notre hostel, profitant du rooftop et du ciel teinté de rose orangé pour un repas copieux et des bières fraîches – le sourire aux lèvres en repensant à cette journée.

Le lendemain, nous recevons un message de 2Go Travel, la compagnie de ferry pour retourner à Manille (la capitale), qui nous annonce que notre ferry aura 2 jours de retard au départ de Cebu city. Profitant de ce laps de temps, nous décidons de faire une halte à MoalBoal (à mi-chemin entre Dumaguete et Cebu city). Une ville qui, en la traversant, pourrait passer presque inaperçue et qui pourtant est habituée aux touristes. Et pour cause, on peut trouver, à quelques kilomètres seulement, des plages renommées pour leur beauté – comme faisant partie des plus belles du monde, et des bancs de sardines par milliers venus s’accrocher à ses récifs tout au long de l’année (apparemment rare, les sardines préférant remonter à la surface durant la saison des pluies).

  Après une nuit de repos (enfin!), et être allées déposer notre linge dans une laverie (enfin aussi!), nous prenons le bus local en direction des cascades Kazawan. Malgré les tentatives acharnées des locaux, insistant pour que nous prenions un guide à la sortie du bus, nous cheminons vers ces « dites » prouesses de la nature. Effarées par la quantité de touristes sur le chemin principal, nous décidons de suivre un petit sentier traversant la jungle, nous menant directement à l’eau turquoise où nous barbotons un petit moment avant de rejoindre d’autres touristes sautant tour à tour du haut de 12 mètres. Au retour nous passons devant un petit bar donnant une vue imprenable sur la mer d’un calme plat, reflétant les tons violacés et rosés du coucher du soleil. Il était impossible de ne pas s’arrêter pour quelques bières sous la lumière des guirlandes lumineuses entortillées autour des arbres. Nous profitons de notre dernière journée au Sud des Philippines (avant de remonter au Nord de la capitale) pour passer la matinée à faire du snorkeling, amenées par un petit bangka (bateau) sur 3 différents sites. Nous nageons avec des poissons violets, bien que encerclées par plein de petites méduses jolies à regarder mais beaucoup moins agréables au toucher. Puis nous sommes amenées à nager avec des bancs de sardines, impressionnées par leur nombre et leur coordination, avant de se retrouver à suivre quelques tortues se baladant au large.

 

 L’après-midi même nous prenons un bus pour Cebu city, faisant attention à en choisir un non climatisé (non seulement moins cher mais aussi pour se protéger du froid glacial que les Philippins ont l’habitude de nous infliger dans les transports). Quelques heures plus tard nous débarquons à Cebu, prises de court par la taille de la ville, il nous faut un moment pour nous réhabituer aux rues chaotiques, aux fumées noires s’échappant des jeepneys et au béton et grands bâtiments gris à perte de vue. Sachant qu’un long voyage de 22h nous attend ce soir même à bord du ferry (de la taille d’un paquebot), nous décidons de nous rendre à pied au port. Cela nous permet de nous arrêter en chemin, rendant visite à la Cathédrale métropolitaine de Cébu, où il y règne une ambiance étrange au cœur de ces pierres datant du XVIème siècle : des dizaines de femmes plus ou moins âgées, toutes vêtues d’un haut jaune et d’une jupe rouge, vendent des bougies et bénissent des touristes venus se recueillir autour du symbole du Niño Santo. C’est au fort de San Pedro que nous avions pu en apprendre un peu plus sur cette effigie représentée un peu partout dans le pays. En effet, l’image de l’enfant Jésus est étonnamment très vénérée par les Philippins catholiques. À l’origine, c’est l’explorateur espagnol Magellan (qui découvre pour la première fois les îles philippines en 1521) qui en fit cadeau au chef de la tribu Rajah Humabon – symbolisant leur baptême catholique.

Profitant d’une petite pluie rafraîchissante nous décidons de nous rendre à pied au terminal 4 du port (environ 30 minutes à pied, le port s’étendant sur des plusieurs kilomètres) pour se dégourdir les jambes malgré nos sacs qui commencent à se faire sentir. Bien évidemment en arrivant, on nous annonce que notre ferry partira en fait du terminal 1; retour à la case départ après un aller-retour futile. Il est 18h et la faim commence à se faire sentir. Vagabondant un peu, notre choix s’arrête sur une des nombreuses petites cantinas, sous les lumières jaunâtres de la rue et les discussions bruyantes. Se commandant un bon petit festin (2 portions de riz – pour changer, omelette d’aubergine, poêlée de légumes à la soy sauce et cuisse de poulet pané avec algues au vinaigre en entrée) le tout pour 105 pesos, soit 1euro75. Une cantina consiste en un restaurant philippin en “self service” qu’on trouve dans toutes les villes et villages du pays. Le principe étant de choisir entre 5 ou 10 plats différents et typiques d’ici (tous servis avec une ou plusieurs portions de riz). On retrouve le plus souvent des plats à base de porc avec différentes sauces, leur fameux sisig (plat originellement fait de la mascarra (tête) du cochon haché agrémenté d’épices), différents poissons entiers grillés ou encore des légumes (majoritairement des haricots verts ou des potirons). Ces repas peu coûteux sont très prisés des Philippins étant donné qu’il est moins cher d’aller s’y restaurer plutôt que d’acheter de quoi cuisiner et permettent un repas équilibré et consistant.

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